L’évolution de la conjoncture économique et financière au Mali au cours de l’Année 2006 a été marquée par :
- Un léger ralentissement de la croissance économique ;
- Une pluviométrie mal repartie dans le temps et dans l’espace ;
- Une hausse du cours des hydrocarbures ;
- Une hausse de la production d’or ;
- Un secteur financier et monétaire relativement sain.
I. LE CADRE MACRO-ÉCONOMIQUE
1. L'évolution du Produit Intérieur Brut
Selon la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, le taux de croissance réel du PIB est estimé à 5,0% en 2006 contre 6,1% en 2005 soit une baisse de 1,1 points. Cette évolution du PIB résulte du ralentissement du taux de croissance enregistre au niveau du secteur primaire (5,0% contre 6,6% en 2005), et le secteur secondaire (2,9% contre 8,2 en 2005), atténue par l’accélération enregistrée au niveau secteur tertiaire (6,3% contre 4,6% en 2005).
Dans sa structure, le PIB est composé à hauteur de 42,5% par le secteur tertiaire ; 34,89% par le secteur primaire et 22,61% par le secteur secondaire.
En termes de prix courant, le PIB est estimé à 3 125,4 milliards de FCFA en 2006 contre 2 894,0 milliards de FCFA en 2005 soit une progression de 8,0%. Cette évolution du PIB à prix courant est accompagnée d’une hausse de 2 points du niveau général des prix. Ainsi, le taux d’inflation, apprécié sur la base du déflateur du PIB est estimé à 5,6% en 2006 contre 3,6% en 2005.
Remise par le PDG de la Contribution de la BDM-SA pour la lutte contre les criquets au Ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire
2. Les finances publiques
Les recettes totales hors dons, qui étaient de 506,6 milliards de FCFA à fin décembre 2005, sont estimées à 546,1 milliards de FCFA à fin décembre 2006, soit une augmentation de 39,5 milliards de Francs FCA ou 7,80%. Cette performance est liée essentiellement à la croissance des recettes fiscales qui ont atteint 470,5 milliards de FCFA en 2006 contre 445,1 milliards de FCFA en 2005, soit une hausse de 25,4 milliards de FCFA ou 5,71%.
Quant aux dépenses budgétaires, elles ont augmenté de 98,6 milliards de Francs CFA ou 15,29% en passant à 743,3 milliards de FCFA à fin décembre en 2006 contre 644,7 milliards de FCFA en 2005 en liaison avec l'augmentation des dépenses en capital de 71,5 milliards de Francs CFA (26,67%) et celle des dépenses courantes de 10,1 milliards de Francs FCA (7,32%) par rapport à 2005.
Rapportées au PIB, les dépenses budgétaires représentent 23,78% en 2006 contre 22,28% en 2005 soit une hausse de 1,5 points. Au total, le déficit budgétaire sur la base des engagements, dons exclus, est estimé à –1 003,6 milliards de FCFA soit –32,1% du PIB.
3. La balance des paiements
Au plan des échanges extérieurs, selon les estimations de la BCEAO, le solde de la balance des paiements devrait connaître une amélioration de 57,6 milliards de FCFA en passant à 104,7 milliards de FCFA à fin décembre 2006 contre 47,1 milliards de FCFA en 2005.
Rapporté au PIB, le solde global de la balance des paiements représenterait 3,26 % en 2006 contre 1,63 % en 2005.
II. LES SECTEURS DE PRODUCTION
1. Le secteur primaire
a. Agriculture
La production céréalière, selon les estimations de la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique est estimée à 3 428 055 tonnes pour la campagne 2006-2007 contre 3 398 627 tonnes pour la campagne 2005-2006. Elle est en hausse de 0,87% par rapport à la campagne de 2005-2006 et de 13,92% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
La baisse du taux d’augmentation de production par rapport à la campagne précédente (0,8% campagne 2007–2006/ 2006–2005 contre 14,5% campagne 2006-2005 / 2005-2004) est imputable à la mauvaise répartition de la pluviométrie dans le temps et dans l’espace.
Par types de céréales, le taux de progression est de 77,32% pour le blé ; - 8,43% pour le mil ; -7,35% pour le maïs ; 7,71% pour le riz ; 16,04% pour le sorgho et -14,92% pour le fonio.
Production céréalière (en tonnes) |
CÉRÉALES |
CAMPAGNE |
VARIATIONS en % |
2005/2006 |
2006/2007* |
Mil |
1.157.810 |
1.060.244 |
-8,43 |
Sorgho |
629.127 |
730.040 |
16,04 |
Riz |
945.823 |
1.018.775 |
7,71 |
Maïs |
634.464 |
587.845 |
-7,35 |
Fonio |
26.598 |
22.630 |
-14,92 |
Blé/Orge |
4.805 |
8.520 |
77,32 |
TOTAL |
3.398.627 |
3.428.054 |
0,87 |
(*) Estimations - Source DNSI
La production cotonnière estimée à 500 380 tonnes pour la campagne 2006-2007 est en baisse de 8,52% par rapport à la campagne précédente en liaison avec la reconversion de certaines superficies initialement destinées au coton en cultures céréalières suite au démarrage difficile de la saison des pluies.
b. Élevage
La branche élevage affiche une croissance de 2,5% en 2006 contre 1,6% en 2005. Sa production, estimée à 278,2 milliards de francs CFA, est essentiellement marquée par celle des bovins, ovins et caprins dont l’effectif total passe de 25 556 517 têtes en 2005 à 26 778 104517 à fin 2006.
|
Évolution des principales productions
de l'élevage |
| |
UNITÉ |
2004 |
2005 |
VARIATIONS
(en %) |
|
Bovins |
1 000 têtes |
780 |
799 |
2,44 |
|
Ovins
Caprin |
1 000 têtes |
3.901 |
3.998 |
2,49 |
|
Porcins |
tonne |
331 |
340 |
2,72 |
|
Asins Camelins Équins |
tonne |
7.754 |
7.967 |
2,48 |
(*) Estimations - Source DNSI |
|
c. Pêche et Forêt
La production halieutique est estimée à 52 903 tonnes en 2006 contre 50 966 tonnes en 2005 soit une progression de 3,8%.
La branche forêt (sylviculture, cueillette) enregistre une croissance réelle de 3,8% avec une production estimée à 142,2 milliards de FCFA.
2. Le secteur secondaire
Selon les estimations de la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, le secteur secondaire a réalisé un taux de croissance de 2,9% en 2006, avec une production estimée à 706,8 milliards de Francs CFA.
Ce secteur a été soutenu par les branches de l’industrie extractive et celle de l’eau et de l’électricité qui ont enregistré respectivement un taux de croissance de 7,8% et 10%.
Production d'or par société (en kg) |
SOCIÉTÉS |
QUANTITÉS D'OR VENDUES |
VARIATIONS (en %) |
2005 |
2006 |
SEMOS |
15.100,32 |
17.044,98 |
12,88 |
MORILA SA |
23.832,07 |
19.215,80 |
19,37 |
|
8.012,63 |
11.548,24 |
44,13 |
| SOMIKA SA |
540,50 |
871,46 |
61,23 |
| SOMILO SA |
1.636,05 |
8.308,65 |
407,85 |
TOTAL |
41,58 |
49,12 |
18,134 |

Le secteur minier est marqué par l’entrée en activité de deux nouvelles sociétés : SOMILO SA et TAMICO SA. La quantité d’or brut produite par les sociétés minières au cours de l’année 2006 est de 58,38 tonnes contre 49,12 tonnes en 2005 soit une hausse de 18,85%.
3. Le secteur tertiaire
Suite aux progressions attendues au niveau de ses différentes branches : Transport et Télécommunication 15% ; Commerce 7,5% ; Banques et Assurances 4,3%, le secteur tertiaire a réalisé un taux de croissance de 6,3% en 2006.
III. MONNAIE ET CRÉDIT
Dans le domaine de la monnaie et du crédit l’évolution de la situation entre fin décembre 2005 et fin décembre 2006 est marquée par :
- Un accroissement des avoirs extérieurs nets de 22,17% (524,2 milliards de FCFA en 2006 contre 428,9 milliards de FCFA en 2005), imputable essentiellement au renforcement de la position extérieure de la Banque Centrale.
- Une progression de la masse monétaire de 10,70% avec un volume de 932,0,4 milliards de FCFA à fin décembre 2006 contre 841,9 milliards de FCFA à fin décembre 2005.
- Une baisse du crédit intérieur de 8,7% avec un encours estimé à 447,0 milliards de FCFA à fin décembre 2006 contre 489,6 milliards de FCFA à fin décembre 2005.
Cette évolution s’explique par l’amélioration de 101,9 milliards de Francs CFA de la position nette du Gouvernement, atténuée par l’augmentation de l’encours des crédits à l’économie de 59,3 milliards de Francs CFA.

La BDM-SA et les télécom
IV. LES PERSPECTIVES POUR L'ANNÉE 2007
Les projections pour l’année 2007 portent sur un taux de croissance réel du PIB de 7,0% en hausse de 2,0 points par rapport à l’année 2006.
Le taux d’inflation mesuré par le déflateur du PIB serait négatif de –1,3%. Au niveau des Finances publiques, les recettes totales « Hors Dons » devraient enregistrer une hausse de 40,8 milliards de FCFA ou 7,47% en passant à 586,9 milliards de FCFA à fin décembre 2007 contre 546,1 milliards de FCFA à fin décembre 2006.
Quant aux dépenses budgétaires, elles sont estimées à 893,7 milliards de FCFA contre 743,3 milliards de FCFA en 2006 soit une progression de 20,23%.
Ainsi, le solde global « Hors Dons », sur la base des engagements, est estimé à -304,4 milliards de FCFA soit 9,07% du PIB.
Concernant les échanges extérieurs, le solde excédentaire de la balance des paiements devrait connaître une détérioration de 64,7 milliards de FCFA (soit 61,79%) en passant à 40,0 milliards de FCFA à fin décembre 2007 contre 104,7 milliards de FCFA à fin décembre 2006. |